dimanche 19 juillet 2015

Où Mycènes satisfait enfin ma curiosité

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Nous nous réveillons au lever du soleil pour profiter du site de Mycènes avant que les cars de touristes ne l'envahissent. Les cigales se mettent à chanter dès qu'il apparaît au-dessus de la colline pendant notre petit déjeuner, et tout de suite la chaleur devient sensible.

Mycènes, cité mythique de l'Iliade et des tragédies grecques, a été découverte en 1874, par Heinrich Schliemann, un archéologue amateur allemand, également découvreur de Troie. Il avait alors la cinquantaine, et avait entamé une troisième vie après avoir fait fortune via divers commerces opportunistes, dont celui de l'or en Californie, et consacrait son temps à bouleverser les idées reçues sur l'archéologie. Heinrich vivait à une époque où la mobilité professionnelle et géographique voulait dire quelque chose, puisqu'il avait commencé sa carrière en vendant des harengs et des chandelles pendant cinq ans. Mentionner cet allemand hétérodoxe est un vrai plaisir ici.

Sur la photo ci-contre, Heinrich est l'homme élégant portant melon et canne, perché sur la porte des lions.

On notera la forme triangulaire du fronton, typique de la méthode d'encorbellement utilisée par les Mycéniens pour couvrir des passages ou mêmes les chambres funéraires des tombes à tholos : l'espace entre deux murs est progressivement comblé par des pierres faisant saillie les unes sur les autres, l'écroulement étant prévenu par d'autres pierres faisant contrepoids du côté opposé.

Maintenant que nous avons vu à quoi ressemblait l'entrée monumentale du site, construite avec l'aide de cyclopes d'après la tradition antique, jetons un petit coup d'oeil aux environs immédiats. Le relief est bien couvert de végétation et très cultivé : oliviers bien sûr mais aussi vignes et fruitiers en tout genre, sans compter les espèces sauvages. La Grèce, même en été, est loin d'être aussi aride et désertique que d'autres contrées méditerranéennes.


Notre exploration de la colline mycénienne, couverte de ruines peu évocatrices, nous amène finalement dans la partie est du site, où avait été construite une citerne alimentée par une source captée dans la montagne. J'y retrouve l'entrée d'un passage en encorbellement qui avait déjà fortement excité ma curiosité lors que j'étais venu pour la première fois sur le site avec mes parents, vers 14 ans. Sans moyen d'éclairage, et avec le temps limité pendant lequel on pouvait tolérer de ne plus me voir, mon exploration avait tourné court, et le passage avait gardé ses secrets.

Mais cette fois-ci je suis mieux équipé : j'ai la lampe-torche de mon téléphone ! Je m'engage dans le passage qui fait rapidement un coude sur la gauche. Mais ma lampe n'éclaire rien du tout, et je n'ai de toute façon pas les yeux habitués à l'obscurité. Je propose donc que nous patientions un peu avant de reprendre l'exploration. Une grosse déception m'attend : je suis en effet encore plus surveillé qu'avant, et mes femmes m'interdisent d'aller plus loin. J'en suis réduit à faire une photo d'elles devant l'entrée barrée par un panneau d'interdiction.


L'information disponible sur le site, qui a bien progressé depuis la dernière fois, m'indique quand même qu'il s'agit d'un accès à la citerne souterraine. En pratique le passage finit par être rapidement noyé par le niveau d'eau. A cette époque les Mycéniens maîtrisaient déjà leur approvisionnement avec des techniques sophistiquées.

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